Capital Critics' Circle
Le cercle des critiques de la capitale

Reviewing Theatre in Canada's Capital Region
La critique théâtrale de la région Ottawa-Gatineau

Phèdre de Jérémie Niel: Une lecture jeune et fiévreuse qui remonte au passé pour cerner le présent.

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Marie Brassard, Benoît Lachambre, Emmanuel Schwartz

Photo. Alexandre de Bellefeuille

Cette interprétation de Phèdre, sombre et inquiétante, évoque un monde de dieux cruels qui interviennent directement contre les trois protagonistes qui incarnent les pulsions pures, manifestations des forces d’origine de l’humanité. L’œuvre s’inspire de Sénèque (Hippolyte) et surtout de Racine (Phèdre). Cette version commence par Thésée (Benoit Lachambre) qui pleure la mort de son fils Hippolyte et de sa femme Phèdre, dont les cadavres gisent à ses pieds. La suite devient un retour en arrière cauchemardesque, orchestré par le Coryphée (Mani Soleymanlou). Assis dans la salle, il remonte à la scène, regarde l’espace du jeu un peu perplexe, consulte les textes jonchant le sol pour organiser la sélection des extraits et donne des indications d’éclairage aux techniciens. Cette impression de mise en abyme donne au personnage du coryphée une fonction peu habituelle. Il est celui qui gère le spectacle, parlant à peine mais il est aussi celui qui invite les protagonistes mythiques sur scène, des figures à mi-chemin entre le visible et l’invisible, propulsées par des sonorités vrombissantes et la respiration terrifiante des dieux qui surveillent chacun de leurs gestes. Le concepteur et metteur en scène Jérémie Niel a éliminé les confidents ainsi que la princesse Aricie pour ne garder que les trois figures essentielles de la catharsis, celles qui doivent toucher les spectateurs et les transformer par la pitié et la frayeur. Le jeu commence bien!

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