Festival d’Avignon

La Loi de Tibi: cérémonie bouleversante à la Chapelle du verbe incarné, Avignon “off”.

News from Capital Critics Circle

Compte rendu de  Sylvie Romanowski, Northwestern Universitytibi-1024x721

Au bord du plateau, Tibi, un grand homme nous accueille. Tout se passe quelque part ailleurs, peut-être Afrique, le lieu n’est pas clair. Voilà que nous des touristes, ayant donné notre offrande pour assister à un enterrement, sommes à la fois voyeurs de la souffrance des autres et spectateurs/voyeurs d’une œuvre théâtrale. L’ambiguïté s’impose dès le début, et même si on réalise bientôt que nous sommes en pleine représentation théâtrale, le texte nous rappelle cet instant de malaise de temps à autre.

La scène est presque vide sauf pour un amoncellement de choses cachées par une grande bâche gris clair. L’homme est un diseur traditionnel, maître de cérémonie pour les enterrements. Il est en train de chercher sa cape et il râle parce qu’il en a besoin pour faire ses enterrements avec la dignité nécessaire, et avec six enterrements qui l’attendent ce matin, la situation est urgente.

(more…)

Des Femmes de Wajdi Mouawad: Pas Encore la Grande Oeuvre Espérée

Reviewed by Alvina Ruprecht

Festival d’Avignon 2011

Des Femmes texte et mise en scène de Wajdi Mouwad, d’après Les Trachiniennes, Antigone et Electre de Sophocle, traduction de Robert Davreau.

Des Femmes était déjà, bien avant son arrivée à la Carrière de Boulbon,  au centre des controverses  artistiques et morales. La presse a traité la question; nous préférons  donc ne pas l’aborder ici. Cantat n’était pas à Avignon en personne  mais nous avons entendu ses chants et  ses récitations enregistrées, accompagnés par ses musiciens en scène et nous avons compris immédiatement les raisons du choix de  Mouawad: cette voix d’outre-tombe, sortie d’un monde archaïque,  a capté les hurlements des dieux, les pulsations de la terre, les rugissements des créatures mythiques. Et  on avait du mal à imaginer l’œuvre sans Cantat et ses musiciens !
Ils ont écrasé les comédiens et dominé la première partie: Les Trachiniennes , qui était, en fin de compte, la partie la plus faible de l’ensemble.  Nous attendions beaucoup de Sylvie Drapeau en Déjanire, l’épouse trahie et déspérée d’ Héraclès qui tue son mari accidentellement. Sylvie Drapeau est une des grandes vedettes de la scène montréalaise mais  elle s’est révélée très décevante. Une voix chancelante, un corps mal à l’aise et un jeu qui n’était pas encore clair, le reflet d’une mise en scène qui a  profondément déstabilisé  ce premier épisode et créé  l’impression dès le départ, que le travail scénique  n’était pas encore terminé.

(more…)

Congre et Homard. Avignon OFF .

Reviewed by Alvina Ruprecht

La pièce a vu le jour après un processus intéressant que nous avons pu suivre de la Guadeloupe  jusqu’en Avignon.  Congre et Homard, a d’abord été présenté dans une mise en lecture en Guadeloupe il y a deux ans, et a pu se réaliser grâce à l’appui de   Textes en paroles, association guadeloupéenne qui œuvre à la promotion des écritures dramatiques de la Caraïbe soumises à la sélection d’ un jury international.

L’auteur Gael Octavia est martiniquaise; et les deux protagonistes sont joués par des Guadeloupéens Joel Jernider, et Dominik  Bernard. Sans entrer dans des commentaires historiques, il faut souligner  cette collaboration  qui  signifie un renouveau important du regard théâtral et une  ouverture importante du milieu vers toute la région de la Caraibe et des Amériques.

(more…)